Les limites a l’externalisation
Même si la relation est durable entre une entreprise et les prestataires externes qu’elle utilise, elle a une fin : soit prématurée en cas d’imprévu soit prévisible, souvent lié à la fin d’une durée contractuelle. C’est une des premières limites de l’externalisation : la réversibilité. Ce « retour en arrière », les entreprises qui externalisent tout ou une partie de leurs activités doivent le prévoir. Dès le démarrage d’un contrat, les conditions de fin de collaboration doivent être envisagées, même si elles évolueront ou seront modifiées au cours du temps. C’est d’autant plus important lorsqu’il s’agit de production de biens où il y a des infrastructures industrielles et des stocks de produits en jeu. Mais bien anticipé, la réversibilité de l’externalisation devient une étape normale d’un contrat se terminant.
Autre limite et parfois danger de l’outsourcing : la dépendance aux conditions économiques d’un pays étranger. Les marges engendrées par une externalisation à l’étranger peuvent être parfois mis à mal par des conditions économiques ou politiques variables. C’est le cas par exemple lorsqu’il y a un accroissement du prix des matières premières ou une hausse des coûts de transport. L’externalisation multiplie donc les facteurs, parfois à risque, qui influent sur la bonne santé d’une activité ou d’un marché. Cette dépendance se retrouve également liée à la fiabilité et à la pérennité même des entreprises appelées comme prestataires externes.
Le suivi de la qualité, la réactivité amoindrie en cas d’erreurs et, en conséquence, les ajustements plus lourds à mettre en place sont également des limites à envisager dans le cas d’une externalisation. La qualité et la communication deviennent également des points à prendre en considération dans une politique d’outsourcing. Ces limites démontrent en elle-même la nécessité d’une gestion rigoureuse et anticipative de cette stratégie. Ceci permet de dégager un principe incontournable de l’externalisation : plus l’activité est standardisée, plus l’opportunité de s’externaliser devient intéressante.
C’est la raison pour laquelle de nombreuses entreprises décident d’externaliser que partiellement leurs activités. On parle alors, dans certains cas, de « juste externalisation » ou, en anglais, rightshore. Il s’agit d’un concept visant à définir un niveau d’externalisation évitant l’impact négatif des coûts induits (communication, transport, formation, monitoring…) sur la marge bénéficiaire. Il s’agit là d’un équilibre fin entre prix/proximité en tenant compte des compétences techniques, des problématiques rencontrées et des risques éventuels. De nombreuses entreprises repensent leurs manières de s’externaliser et n’hésite pas à faire le pas inverse sur certains secteurs de leur activité. On parle alors de re-sourcing ou back-sourcing. C’est particulièrement vérifiable dans le secteur des services bancaires et informatiques américains.
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